Dangers de l'excision.

L’excision et ses complications

Définition

L’excision  est une ablation totale du clitoris, de son capuchon et parfois des organes annexes ( petites lèvres et grandes lèvres ). C’est une mutilation de l’organe génital de la femme pratiquée par les peuples indigènes depuis l’antiquité. Elle n’a aucun effet positif, prive la femme de toute jouissance sexuelle et doit être combattue dans toutes les sociétés.

 Les techniques d’excision

Il existe des variations dans les techniques mais en règle  générale la mutilation se pratique de façon collective, cérémoniale, rituelle,  sans anesthésie et souvent avec le même couteau non aseptisé.  Les plantes cicatrisantes et antihémorragiques sont utilisées pour arrêter ou réduire les saignements. On note quatre types d’excision  :

-Le procédé 1 qui est l’excision proprement dite consistant à enlever le capuchon et le clitoris. On l’appelle  aussi circoncision sunna.

-Le procédé 2 qui  consiste à enlever le capuchon, le clitoris, les parties adjacentes et les petites lèvres.

-Le procédé 3 appelé  infibulation ou circoncision Pharaonique est la  mutilation génitale féminine la plus extrême qui soit. Elle consiste à l’ablation totale du clitoris, des petites lèvres et des grandes lèvres à l’entrée du vagin. De plus, l’entrée de ce dernier est cousue jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une fine ouverture servant aux écoulements menstruels  et l’urine(le plus souvent, pour préserver la virginité d’une petite fille) ; l’opération est alors ensuite complétée à l’adolescence par une excision véritable ou peut être renversée par un parent ou le mari lors du mariage. Tout cela dans l’unique souci d’empêcher la femme d’avoir des rapports sexuels jusqu’au jour de mariage où le fil sera enlevé. C’était une façon atroce de protéger la femme et le premier rapport dans le mariage intervient souvent sur une plaie de la vulve.

-le procédé 4 est le procédé 3 complété lors de la réouverture de la vulve par une section du périnée pour élargir les voies génitales et rendre la jeune fille plus apte aux rapports sexuels le jour de son mariage.

NB : C’est une pratique transmise de génération en génération et ceux qui en ont la charge ne connaissent pas grand-chose de l’appareil génital de la femme et ne se soucient guère des complications de leur acte.

Complications immédiates

Les premières conséquences sont les douleurs, les hémorragies, les infections, la transmission des maladies virales et parfois la mort.

-- Les hémorragies peuvent être abondantes en raison de la richesse en vaisseaux sanguins des tissus entaillés. Il y a des filles qui saignent plus abondamment par nature.

 -- L'absence d'asepsie pendant la mutilation et les endroits où le rite est pratiqué favorisent souvent l'infection. L'infection peut se limiter à la plaie de l'excision et déterminer par la suite des cicatrices gênantes. L'infection peut se propager, remonter la filière génitale, coloniser l'appareil urinaire, l’appareil génital voire sang et engendrer une septicémie, même si ces cas sont rares.

 -- Les saignements abondants, les douleurs et l'infection aboutissent à un choc qui influence négativement parfois mortellement la femme. Même si les douleurs passent, les cicatrices restent et rappellent parfois à la femme  ces instants.

Les complications à long terme ou différées

Les traumatismes de l'appareil génito-urinaire. Ils surviennent le plus souvent au moment du mariage lors de la réouverture de la vulve, ou dés infibulation.

--De grands dégâts au niveau de la vulve peuvent survenir. La gravité des lésions est variable et va de la lacération à la déchirure complète et compliquée du périnée.

-- Les lésions urinaires qui peuvent aussi survenir au moment de l'excision regroupent les

 lésions de l'urètre qui sont source de sténose (ou fermeture) cicatricielle, de fistule urétrale ou d'incontinence urinaire; et des fistules vésico-génitales, c'est-à-dire une communication anormale entre la vessie et le vagin

 Les complications gynécologiques. Ces complications sont graves.

 -La dyspareunie est la survenue de douleurs lors des rapports sexuels. Cette dyspareunie est liée à la dureté ou la rigidité des tissus de la vulve due à la sclérose cicatricielle.

-La frigidité est cet état qui ôte tout plaisir à l'acte sexuel et est sans doute l'une des complications les plus graves. La frigidité est due à la fois aux lésions de la vulve et au traumatisme psychologique de l'excision. ---La stérilité secondaire à l'infection qui provoque des salpingites et peut ainsi entraîner une obturation des trompes. Parfois c'est le développement de membranes qui cloisonnent le vagin.

--Les kystes. Ils peuvent se développer à l'endroit où a été enlevé le clitoris.

Les complications obstétricales.

Elles se manifestent au moment de l'accouchement. Les tissus de cicatrisation scléreux et durs occasionnent souvent des déchirures du périnée antérieur et rendent indispensables une épisiotomie préventive. Lorsqu'il existe un diaphragme vaginal, la césarienne devient nécessaire

 Les complications psychologiques.

 Elles peuvent perturber le comportement social ou la vie conjugale de ces femmes qui sont diminuées, mutilées. Parfois le choc émotionnel crée un blocage mental chez la femme excisée qui n’a plus de clitoris qu’elle remarque parfois chez ces paires. La plupart des femmes excisées ne jouissent presque jamais et sont réduisent à l’enfantement.

Que faire ?

 Les complications de l'excision sont multiples et graves, Certaines organisations féministes luttent contre l'excision ainsi que l'Organisation mondiale de la santé, Il persiste néanmoins des défenseurs de cette pratique qui se fondent sur son enracinement et le maintien des valeurs traditionnelles. Quel que soit le jugement que l'on porte sur l'excision, ses complications demeurent une réalité saisissante que l'on ne peut que déplorer. L'espoir est dans la dynamique irréversible des sociétés, les effets de l'éducation, du brassage des cultures et du développement économique qui sonnent le glas de ces pratiques qu'aucune fonction sociale ne justifie plus.

 Disons ensemble « ça suffit » et plus de femme mutilée pour les années à venir dans tous les pays du monde, en particulier en Afrique noire. Rien ne justifie cette pratique abominable.  Chacun à son niveau doit soutenir tous les mouvements de lutte contre l’excision en sensibilisant son entourage, son milieu, sa communauté, etc. Ce n’est pas une question de religion, mais de dignité de la femme, la mère du monde.

NB : Heureusement de nos jours le clitoris se constitue de façon chirurgicale par quelques  chirurgiens.

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Commentaires (1)

ibrahima

ma femme ne ressent pas de plaisir sexuel à cause de l'excision. est cs que y'a une solution ?

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